Théâtre - La disparition du paysagee

Au sixième étage d’un immeuble de la station balnéaire d’Ostende, un homme, immobilisé par son fauteuil roulant devant la fenêtre, regarde.

Théâtre - La disparition du paysagee - Meaux

« Je suis toujours ici, physiquement, à Ostende, immobile dans mon fauteuil roulant au sixième étage, dans cet appartement, mais mon esprit a pris le large et, porté par le vent et les embruns, entraîné par le grand air et le sable qui fuit en rampant sur la plage les jours de tempête, je parviens à m’abstraire de la réalité où je suis encalminé depuis des mois. »

Jouant avec ses souvenirs, cherchant une réponse à l’impossible des attentats du 22 mars 2016 du métro de Bruxelles dont il a été victime, il réinvente le monde.

Il se souvient de la déflagration, puis tout s’est volatilisé, dispersé. Le voilà livré, condamné à ses pensées, ses souvenirs, ses observations minutieuses. Il aperçoit un chantier important en train de s’édifier : on construit apparemment un haut mur qui peu à peu envahit l’espace de la fenêtre, cache la vue, obscurcit et enferme la chambre où il est. Pensées et souvenirs s’obscurcissent à leur tour. La déflagration semble revenir. Il y eut un choc si violent, si total.
L’homme, en réalité, était-il mort sur le coup ?